11 Dec Pierres invisibles

GENRE

Poésie

ANNÉE DE PARUTION

1998

ÉDITEURS

Éditions Tarabuste
Éditions du Noroît (1999)

RÉSUMÉ

Pierres invisibles s’offre comme un trajet de lenteur et de méditation où le poème et l’amour, l’histoire et la nature dialoguent, en quête d’une «mélodie secrète» où l’être humain est en communion avec le végétal et le minéral.

 

EXTRAITS

Tu soulèves la pierre
où se tenait le poème.

Une première étoile se met à briller.

Bientôt le ciel
entier se déchire : poussière de mots
amas de pierres minuscules
qui gravissent la montagne.

Tu vois l’arbre
et la feuille et le bourgeon
– toutes choses que jamais encore
tu n’avais vues.

*

Ô poème, ô temps, navigateur
de notre traversée, – quelle route suis-tu ? –
le long de pierres invisibles
je me laisse porter
par la fragilité d’être
comme eau, sable, souffle
menés vers la source
de notre obscur passage.

Quelle aube, quel visage cherches-tu ?
Ô poème, ta vie est mienne
qui veille nos petites éternités
à l’écoute du chant des jours.

*

Tu avances en cette douleur
intacte, repli qui te dépouille
tu erres en ton âme
portée puis aussitôt brisée de silence.

Le jour échancré te surplombe
mais nul horizon que ces mots de pénombre
pareils à des nuages allant, pareils à d’autres ciels
jamais accomplis.

PRESSE

«Le poème interroge le sens dont il est fait; la fragilité des traces qu’il laisse derrière l’écho de son vide. À travers cette réflexion sur la durée, ce lien du blanc au noir montre les tensions paradoxales qui séparent les extrêmes d’une vie. À ce titre, on doit ainsi reprendre la question fondamentale du poète : “Pourquoi rien et pourquoi quelque chose”.»
David Cantin, Le Devoir, 1999