26 Jan Ravir : les lieux

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GENRE

Poésie

ANNÉE DE PARUTION

2005

ÉDITEUR

Éditions de La Différence

RÉSUMÉ

Entre décors urbains et vie en pleine nature, au fil des voyages entre Paris et Saint-Hippolyte, ses poèmes parlent de la manière qu’ont certains lieux de nous retenir au risque d’entraver notre liberté, et du mystère caché dans les visages qui se dérobent ou s’offrent à la rencontre.

PRESSE

« Ce qui frappe à la lecture des poèmes d’Hélène Dorion et la distingue de bien des poètes actuels, c’est que l’ambition de la quête, le vertige de la hauteur soient formulés avec mesure, exigence et transparence. Une poésie exempte d’impuretés, d’une transparence de cristal, d’une évidence toute aérienne. Du grand art. »

– Lionel Ray, revue Poésie, France

« Quel trait de feu parcouru en peu d’années. Non seulement Hélène Dorion compte parmi les grandes voix, mais elle accède au cercle de la longue mémoire, car elle chante l’essentiel. »

– Pierre Perrin, Poésie Vagabondages, France

« Veilleuse impénitente, campée aux confins du vide et du silence, Hélène Dorion, comme tout poète authentique, éclaire de ses poèmes à la fois fragiles et passionnés notre cheminement à travers la condition humaine comme elle s’y emploie avec bonheur dans ses beaux recueils. »

– Bernard Mazo, Autre Sud, France

« Hélène Dorion condense sa pratique très concrète et riche du voyage jusqu’à la transformer en expérience de l’être. »

– Marie-Claire Bancquart, revue Europe

« Les paradoxes sont nombreux dans ce texte d’une rare densité. Plus qu’ils ne s’apposent, les concepts se fondent les uns aux autres pour former de nouveaux espaces intimes qui rendent unique la voix d’Hélène Dorion. »

– Judy Quinn, magazine Nuit Blanche

« Lyrique mais jamais ampoulée, la poésie d’Hélène Dorion traduit la persistance de questionnements métaphysiques liés aux affres de la condition humaine, dans un univers en perpétuelle mutation et en deuil de repères. En cette ère où tout semble foutre le camp, Dorion poursuit sa méditation sur notre place individuelle et collective dans le temps et l’espace. »

– Stanley Péan, magazine Le Libraire.

« Hélène Dorion est l’une des grandes et belles voix francophones d’aujourd’hui, et sans doute l’une de plus intéressantes poètes de sa  génération. »

– EPOK, Bulletin des FNAC, France.

« Un lyrisme du relationnel, le plus intériorisé qui soit, de l’ordre de l’élévation et du plaisir le plus pur, ici s’affirme : aucune fausse note, un ton singulier, tout en finesse et en grâce. »

– Lionel Ray, Président du jury du prix de l’Académie Mallarmé

« Hélène Dorion incarne une génération pour qui la poésie est langue maternelle, ce qui l’exonère d’une reconquête de chaque instant au moyen de prouesses formelles. Dans la forme, moderne sans ostentation, elle se glisse avec une grâce naturelle. Elle échafaude une cosmogonie. Poésie plus sensuelle que conceptuelle qui, de la philosophie, forge un usage quotidien, concret, visible. La souveraine simplicité de ce langage licencie la rhétorique et opère l »’heureuse synthèse de la réflexion et d’une constante justesse d’écriture. »

– Charles Dobzynski, revue Europe.

« L’œuvre déjà considérable de la Québécoise Hélène Dorion est animée par la recherche de soi et les sources de l’héritage. Il nous fait relire les signes premiers sur les murs de la grotte, et les relier à ce qui nous hante. Une voix claire et chaleureuse nous revient à chaque page remplie d’échos. »

– Claude Michel Cluny, magazine Lire, France.

« Sa recherche infatiguée fait de la quête d’Hélène Dorion une sorte de recherche du Graal qu’elle poursuit au cours de toutes ses prises de parole publiques. Prêtons l’oreille à Hélène Dorion ! »

– Luc Norin, La Libre Belgique.

ARTICLES DE PRESSE

Remise du Prix Mallarmé
Remise du Prix Senghor de Poésie
Nuit blanche – été 2006
Europe – janvier 2006
Entre les lignes – été 2006
Riveneuve-continent – printemps 2006
Marché des lettres – été 2006
Béatrice Libert – janvier 2006
EPOK – automne 2005

EXTRAITS

D’ici bouge la lumière. Regarde
le vide lourd sur l’épaule
éparpillé parmi les fenêtres.

Cherche ce que tu appelles, l’impossible
mosaïque silencieuse du voyage
et la lampe qu’on dirait brûlée
par le temps. Regarde seulement la pièce
où résonne ta vie. L’ombre jamais vue
visible maintenant, dans les yeux du soir.

*

Entre toutes terres, le centre, la maison
plus au centre, le jardin : sillons
que tu racles, bêche de l’âme
tirant vers toi le soleil
les eaux de pluies sur les pétales
à peine apparus. Au cœur de ce monde
la chair noircie du nom, théâtre des choses
que tu livres aux vents. Quel oiseau naît
de l’oiseau blessé ? Tu refais ta demeure
chaque jour, on imagine le sol
sous la main, l’arbre haut des saisons
le ciel planté dans la fenêtre, le geste superbe.

*

Un peu partout, des images
des villes. Mers et montagnes
et maisons s’entassent
mais un seul voyage
ainsi s’effeuille.

Des papiers s’affolent, dévorent la nuit.
Grandiront dans ta bouche.
On allume des flammes, de minuscules pierres
que l’on disperse autour de toi
et bientôt tu confonds les ombres
avec les signes vivants de ton corps.

*

Ici l’escalier d’où monte
et redescend l’histoire, en ce détail
que tu incarnes. Des mots poussés
derrière le silence. Peu importe
l’espace qui te laisse à toi-même

– et flotte entre ces murs, le craquement des objets –
tu vois la fenêtre, là remue le monde
un vent d’aube, et les notes du piano
lentement tournoient.

Tu poses le pied, c’est la mer
qui te dénoue. Tu oublies presque la plaie
la pierre gisante, sur le fil de la mémoire.
Depuis des années, tu regardes les branches
comme des racines, qui s’approchent enfin.

*

Écoute, comme une ombre
s’avancerait, la mer, l’inlassable
vol des vagues qui claquent
contre la terre, écoute

ce monde devenu monde, à force
de résonner parmi les ans. Ton enfance
est cette matière fossile, un vœu
du temps qui brûle à mesure.

Écoute, et l’oiseau fuira encore
brisant tes châteaux sur le sable
de cette côte de l’Atlantique
où tu vis s’en aller l’aube
et revenir par tant de marées.