[Les photographies d’Hélène Dorion reproduites sur cette page sont libres de droits avec la mention obligatoire du photographe]

 

Parcours artistique

 

1958 – Hélène Dorion naît dans la ville de Québec où elle habitera jusqu’à l’âge de 22 ans. Par la suite elle vivra durant plus de vingt ans dans les Laurentides, puis à Montréal et en Estrie.

 

Comme elle le raconte dans son roman Jours de sable, à l’âge de cinq ans, deux expériences fondatrices l’ont éveillée à la complexité de l’existence humaine. D’abord, un soir, marchant avec son père, elle regarde le ciel et prend alors conscience qu’elle n’est qu’un infime élément dans l’univers, une parcelle de vie significative, mais éphémère. Quelques mois plus tard, elle voit à la télévision l’assassinat du président John F. Kennedy, ce qui accentue de manière significative sa conscience de la temporalité de l’être humain.

 

1980-1985 – Elle entre à l’Université Laval à Québec où elle obtient un baccalauréat en philosophie. Puis elle mène ensuite des études de lettres et obtient un certificat en littérature québécoise et une maîtrise de lettres. Durant cette période, elle devient membre de la revue philosophique de la faculté, Considérations, et elle y publie ses premiers textes concernant entre autres les philosophes présocratiques, Friedrich Nietzsche et Albert Camus. Elle réalise et anime en outre à CKRL une émission radiophonique qui porte sur la poésie et la musique.

 

Elle publie ses premiers poèmes en 1981 dans la revue Estuaire. Elle intègre le comité de rédaction de cette revue en 1982 et fait la rencontre de Suzanne Paradis et Michel Beaulieu qui l’incitent à présenter son premier recueil, L’Intervalle prolongé suivi de La Chute requise, qui sera publié l’année suivante. Parallèlement, Hélène Dorion devient membre de la rédaction de la revue universitaire Livres et auteurs québécois où elle exerce la fonction de critique, en plus de collaborer à des émissions radiophoniques culturelles. Elle est aussi chargée de cours à l’Université Laval.

 

1985-1990 – Hélène Dorion effectue ses premiers séjours en Europe, et des premiers textes paraissent par la suite dans des revues françaises et belges. Elle devient membre de la rédaction de revues, publie le recueil Les Corridors du temps. En 1990, une anthologie de ses poèmes paraît aux Éditions le Dé Bleu sous le titre La Vie, ses fragiles passages, en même temps qu’Un Visage appuyé contre le monde, en coédition avec les Éditions du Noroît, et un premier livre d’artiste, Fragments du jour, avec Bernard-Gabriel Lafabrie. Ses collaborations avec des artistes visuels seront par la suite nombreuses, de même qu’avec des compositeurs. De 1984 à 1990, elle enseigne la littérature au Cegep de Saint-Jérôme.

 

1991-1999 – Elle prend la direction des Éditions du Noroît. En plus de ses fonctions d’éditrice, elle conçoit une série d’enregistrements audio de poésie et musique et des lectures-spectacles qu’elle présente au Québec, en France et en Belgique. Elle rédige aussi des préfaces et constitue des anthologies de poètes québécois, notamment celle consacrée au poète québécois Hector de Saint-Denys Garneau. En 1992, Hélène Dorion reçoit le prix international de poésie Wallonie-Bruxelles, en 1993 le Grand prix de la culture des Laurentides et en 1995, le prix Alain-Grandbois de l’Académie des lettres du Québec en 1995 pour son recueil Sans bord, sans bout du monde publié aux Éditions de La Différence où elle fera paraître de nombreux ouvrages dans les années qui suivent. En 1996, elle devient membre de la rédaction de la revue française Présages, et en 1997, membre du jury permanent du prix francophone de poésie Louise-Labé. En France paraissent les recueils Les Murs de la grotte(1998) et Pierres invisibles (1999). À partir de 1998, elle collabore à titre de parolière à un spectacle du Cirque du Soleil. En 1995 paraît The Edges of Light, premier ouvrage en traduction. Par la suite, ses livres seront traduits et publiés dans plus de quinze langues.

 

2000-2005 – Hélène Dorion est écrivaine en résidence à l’Université du Québec à Montréal, puis à l’Université de Montréal et anime parallèlement des ateliers d’écriture. En 2000 parait en Allemagne Passerelles, poussières, tandis que Fenêtres du temps, écrit avec la poète française Marie-Claire Bancquart, paraît à Montréal, et à Paris, Portraits de mers. Son premier roman, Jours de sable paraît en 2002 et reçoit le prix Anne-Hébert. Un premier essai, Sous l’arche du temps, est publié au Québec et en France en 2003, et Ravir : les lieux paraît en France en 2005 et lui vaut le prix du Gouverneur général du Canada et le prix Mallarmé dont elle est la première récipiendaire québécoise. Une anthologie de ses poèmes préparée par Pierre Nepveu paraît en édition de poche sous le titre D’argile et de souffle.

 

2006-2010 – Élue membre de l’Académie des Lettres du Québec, elle est aussi nommée Chevalière de l’ordre national du Québec. Elle rejoint le comité de direction de la Rencontre québécoise internationale des écrivains et la rédaction de la revue Les Écrits. Son recueil, Le Hublot des heures, reçoit le prix Charles-Vildrac de la SDGL, et un deuxième roman paraît au Québec sous le titre L’Étreinte des vents et en France sous le titre L’Âme rentre à la maison. En 2009 a lieu un colloque sur son œuvre à l’Université Paris-Nanterre, en collaboration avec l’Université du Québec à Montréal, sous la direction de Jean-Michel Maulpoix et Évelyne Gagnon. En 2010, Hélène Dorion est nommée Officière de l’Ordre du Canada.

 

2011-2022 – En 2012 paraît à Montréal Cœurs, comme livres d’amour. En 2014 est publié son troisième roman, Recommencements, qui lui vaut le prix des Écrivains francophones d’Amérique. En 2015, elle est sollicitée par l’orchestre Les Violons du Roy pour concevoir avec un quatuor un concert littéraire qu’elle intitule Au creux du temps et qui sera présenté un peu partout au Québec dans les années suivantes. En 2018 paraît aux Éditions Bruno Doucey le recueil Comme résonne la vie. En 2019, elle reçoit le prix Athanase-David, la plus haute distinction décernée par le Gouvernement du Québec en littérature, pour l’ensemble de son œuvre. En 2020, elle publie un cinquième roman, Pas même le bruit d’un fleuve aux Éditions Alto au Québec et en France aux Éditions Le Mot et le reste. Elle collabore avec l’ensemble Constantinople, et écrit des poèmes associés à la transmission intergénérationnelle et aux riches expériences de vie des aînés. En 2021 paraît Mes forêts aux Éditions Bruno Doucey. Elle conçoit un concert littéraire éponyme qu’elle présente à partir de 2022 avec les quinze musiciens de l’orchestre I Musici. En 2022 est créé à Québec et à Montréal l’opéra Yourcenar – Une île de passions, projet qu’elle a initié, en plus d’en écrire le livret avec la regrettée Marie-Claire Blais. Elle prépare un ouvrage sur le processus de création de cet opéra, que font paraître les Éditions de l’Homme. Cette même année, trois de ses textes de chansons apparaissent sur l’album de l’auteur-compositeur Richard Séguin.

Avec son recueil, Mes forêts, Hélène Dorion est la première Québécoise et la première femme vivante au programme du baccalauréat français.

 

Biographie

 

Hélène Dorion est née à Québec le 21 avril 1958. Elle a obtenu, en 1980, un baccalauréat en philosophie de l’Université Laval à Québec. Elle publie durant ces années des textes philosophiques portant entre autres sur les présocratiques, Nietzsche et Camus. Un passage s’opère de la philosophie à la littérature, et elle entreprend alors des études de lettres qui mèneront, en 1985, à l’obtention d’un certificat en littérature québécoise et d’une maîtrise en Lettres de la même université. Elle fait paraître ses premiers poèmes en revue en 1981. En 1983, elle publie son premier livre de poèmes, L’intervalle prolongé suivi de La chute requise.

 

Credit photo : Maxime G. Delisle

En 1984, elle quitte Québec pour les Laurentides, où elle habitera jusqu’en 2009. Après avoir été chargée de cours à l’université Laval, elle enseigne la littérature durant six ans dans un cegep et continue à déployer une activité plurielle en s’impliquant dans la vie littéraire à différents titres : critique, membre de la rédaction de revues et collaboratrice à des émissions culturelles radiophoniques. En 1987, elle fait un premier séjour en Europe. Ses poèmes commencent alors à paraître dans diverses revues françaises et belges, et peu à peu ils seront traduits et publiés dans de nombreuses revues européennes. En 1990 paraît en France une anthologie de ses poèmes intitulée La vie, ses fragiles passages.

 

De 1991 à 2000, elle devient éditrice. Durant cette période, en plus d’être directrice littéraire, elle réalise une série audio de poésie et musique, conçoit et présente au Québec et en Europe des lectures-spectacles, prépare des anthologies de poètes québécois et préface de nombreux ouvrages. On lui doit entre autres une anthologie de poèmes de Saint-Denys Garneau parue au Québec et en Italie.

 

En 1994, elle participe pour la première fois à la Biennale internationale de poésie de Liège. Ses voyages commencent alors à se multiplier, en même temps que les traductions de ses livres, ce qui l’amène à participer à de nombreuses lectures publiques ainsi qu’à des colloques et festivals. Son œuvre reçoit plusieurs distinctions et prix littéraires au Québec et à l’étranger, et des revues européennes lui consacrent des dossiers et des numéros spéciaux. En même temps, son activité littéraire se diversifie : elle est membre de nombreux jurys, dont celui du prix francophone de poésie Louise-Labé, et de comités de rédaction de revues européennes et prépare à ce titre plusieurs numéros consacrés à la poésie québécoise. De 1999 à 2001, elle est écrivaine en résidence à l’Université du Québec à Montréal puis à l’Université de Montréal. Elle anime en outre des ateliers d’écriture. En 2002, elle tient une chronique régulière dans le magazine Relations.

 

Hélène Dorion est aussi l’auteure d’une quinzaine de livres d’artistes, ce qui l’a amenée à collaborer avec de nombreux artistes visuels québécois et européens. En 2016, elle publie un livre avec de ses textes et photographies qui feront par la suite l’objet de plusieurs expositions.

 

Dans sa présentation de l’anthologie intitulée D’argile et de souffle parue en 2002 en format de poche, Pierre Nepveu écrit dans sa présentation de l’œuvre de Hélène Dorion : « nous avons besoin de sa quête intérieure, de cette immensité du dedans, de ce vent de l’âme que sa poésie ne cesse de faire souffler et de faire entendre, comme pour laver notre monde de ses scories, de ses bruits inutiles, de ses enjeux mesquins, afin d’y dégager un espace pur et un temps de vivre». Dans les années suivantes, elle publiera Jours de sable, roman pour lequel elle recevra le prix Anne-Hébert, en plus d’être en lice pour le prix des Libraires et le prix Spirale, et fera aussi paraître Sous l’arche du temps, un essai sur l’art et la création suivi d’entretiens, de même que La vie bercée, un album pour la jeunesse qui sera en lice pour trois prix au Québec et en Europe.

 

En 2005, elle devient la première Québécoise à se voir décerner le prix de l’Académie Mallarmé, remis pour l’ensemble de son œuvre, à l’occasion de la parution de Ravir: les lieux. Ce livre lui vaudra aussi le prix du Gouverneur général du Canada.

 

Crédit photo : Maxyme G. Delisle

En 2006, paraît une rétrospective de son oeuvre poétique intitulée Mondes fragiles, choses frêles et qui fait plus de huit cents pages. La même année, elle est élue membre de l’Académie des lettres du Québec et nommée Chevalière de l’Ordre national du Québec. Elle est aussi invitée à se joindre au comité de direction de la « Rencontre québécoise internationale des écrivains » et au comité de rédaction de la revue « Les Écrits ».

 

En 2008, lorsqu’elle reçoit le prix Charles-Vildrac pour son livre Le Hublot des heures, elle est alors la première Québécoise à recevoir un prix de la Société des Gens de Lettres de France.

 

En 2009 a lieu un colloque sur son œuvre à l’Université Paris-Nanterre, en collaboration avec l’UQAM, sous la direction de Jean-Michel Maulpoix et Évelyne Gagnon.

 

En 2010, elle publie L’Étreinte des vents pour lequel elle reçoit le prix de la revue Études françaises de l’Université de Montréal. Cette même année, elle est nommée Officière de l’Ordre du Canada.

 

En 2011, elle tient une chronique régulière dans le magazine culturel Spirale. Elle reçoit aussi, pour l’ensemble de son œuvre, le prix européen Léopold-Senghor.

 

En 2012 elle fait paraître Coeurs, comme livres d’amour, finaliste aux prix du Gouverneur général du Canada, du Conseil des Arts et des Lettres du Québec, Marcel-Thiery et du Festival de poésie de Montréal.

 

En 2014 paraît Recommencements, roman salué par la critique et accueilli par un large public. Elle reçoit le prix des Écrivains francophones d’Amérique. Cette même année, elle se voit décerner une bourse de résidence de la prestigieuse Fondation newyorkaise Civitella Ranieri et séjourne à Umbertide, en Italie. À la suite de cette résidence d’artistes paraîtra Le temps du paysage, récit accompagné de ses photographies.

 

Son œuvre s’est méritée de nombreux prix littéraires (prix Alain-Grandbois, prix Aliénor, prix Wallonie-Bruxelles, prix Catullo, prix Béatrix de Toulouse-Lautrec, prix du Festival de Roumanie), et elle est régulièrement invitée à présenter son travail au Québec et au Canada, en Europe, en Amérique latine et aux États-Unis. Ses livres sont traduits et publiés dans plus de quinze langues, notamment en anglais, en espagnol, en catalan, en italien, en macédonien, en russe, en serbe et en allemand.

 

Crédit photo : Maxyme G. Delisle

Des thèses, des mémoires et des numéros de revues ont été consacrés à son œuvre, de même qu’un ouvrage collectif intitulé Nous voyagerons autour de l’être, et qui regroupe les collaborations d’auteur-es et de critiques.

 

Artiste multidisciplinaire, elle expose régulièrement de ses photographies, conçoit et présente des concerts littéraires avec des orchestres réputés, entre autres Les Violons du Roy et I Musici, en plus de collaborer avec des compositeurs.trices et d’être parolière.

 

En 2016, elle publie Le temps du paysage, ouvrage primé au Concours LUX (catégorie «Livre de photos») et finaliste au prix du Conseil des Arts et des Lettres du Québec, au prix Marcel-Couture du Salon du livre de Montréal et au prix Louis-Guillaume en France. Ce récit avec photographies a fait aussi l’objet d’une exposition qui a été présentée à Montréal, à Québec, en Estrie, dans les Laurentides et dans le Bas-Saint-Laurent.

En 2018 paraît son recueil de poèmes Comme résonne la vie. En mars 2020, elle publie Pas même le bruit d’un fleuve, roman accueilli favorablement par la critique et un large public.  Ce roman sera par la suite publié en France et traduit et publié en anglais et en serbe.

Lauréate du Prix du Conseil des Arts et des Lettres du Québec – Artiste de l’année en Estrie 2020, les membres du jury ont mentionné que « cette écrivaine prolifique collabore à une multitude de projets rassembleurs où les disciplines convergent.»

À l’automne 2021 a paru son plus récent livre de poèmes, intitulé Mes forêts. Avec ce recueil, elle est la première femme vivante et la première Québécoise au programme du baccalauréat français. Elle a conçu autour de ce livre un nouveau concert littéraire présenté avec l’orchestre I Musici à partir de 2022.

Elle a initié le projet de l’opéra  Yourcenar – Une île de passions et écrit le livret, en collaboration avec la regretté Marie-Claire Blais. Co-produit par l’Opéra de Montréal, l’Opéra de Québec et Les Violons du Roy, l’opéra a été présenté à Québec et à Montréal en 2022. Helene Dorion a en outre préparé un ouvrage collectif éponyme portant sur le processus de création de cette oeuvre.

Pour sa contribution remarquable à la littérature québécoise, elle a reçu le prix Athanase-David 2019, la plus haute distinction décernée par le Gouvernement du Québec en littérature. Le jury a ainsi commenté : « Avec simplicité et beauté, ses ouvrages sondent l’intime de l’être. Ils invitent à la réflexion sur le sens de l’existence humaine. Courts, fluides et profonds, ses textes à la trompeuse facilité reflètent plutôt une écriture maîtrisée. Par la modernité de ses écrits, leur sagesse et leur intégrité, l’écrivaine jette un regard sur les défis que rencontre le monde actuel. »