13 Sep Mes forêts

Mes Forêts Hélène Dorion

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En librairie en France

GENRE

Poésie

ANNÉE DE PARUTION

2021

ÉDITEUR

Éditions Bruno Doucey

LE MOT DE L’ÉDITEUR

Son nom semble la relier à une constellation, mais sa présence au monde la rend indissociable des paysages qu’elle traverse : Hélène Dorion vit environnée de lacs et de forêts, de fleuves et de rivages, de brumes de mémoire et de vastes estuaires où la pensée s’évase. Dans ce recueil voué aux forêts, elle fait entendre le chant de l’arbre, comme il existe un chant d’amour et des voix de plain-chant. « Mes forêts… », dit-elle dans un souffle qui se densifie de poème en poème. Et l’on entre à pas de loup dans une forêt de signes où l’on déchiffre la partition de la vie sur fond de ciel, sur fond de terre, sur fond de neige, de feuillages persistants et de flammes qu’emporte le vent, de bourgeons sertis dans l’écorce et de renouvellement. Un chemin d’ombres et de lumière, « qui donne sens à ce qu’on appelle humanité. » B.D.

* Des pièces musicales ont accompagné l’écriture de Mes forêts. Je les ai regroupées pour en accompagner aussi la lecture, suivant les différentes parties du livre, comme une promenade en musique. Ces pièces sont disponibles pour écoute sur Apple et Spotify.

PRESSE

« Devant le chaos du monde, Hélène Dorion se demande si l’humain saura gravir la montage jusqu’à nous, d’autant plus qu’elle dit ignorer ce qui se tait en elle quand la forêt cesse de rêver. Plusieurs vers affichent cette beauté universelle. […] La dernière partie du recueil parcourt d’ailleurs l’Histoire humaine avec une lucidité sidérante, mais notre petite existence peut encore accueillir de grandes choses si elle prend racine. Nous prenons tous et toutes place dans cette fragile coquille de bois avec l’autrice qui n’a jamais écrit que par amour de ses semblables. »

– Mario Cloutier, La Presse

« Avec Mes forêts, Hélène Dorion offre un très beau recueil, à la fois introspectif et attentif aux bruits du monde. L’aspect métaphysique de son écriture ne l’empêche jamais d’être à l’écoute des différents enjeux sociaux. […] Peu de poètes jettent sur le monde actuel un regard aussi surplombant, mettent à profit une perspective historique aussi large. C’est parce qu’Hélène Dorion – et c’est ce qui la rend si précieuse à mes yeux – profite d’un recul philosophique qui la tient à l’écart des dérapages idéologiques. Elle permet de voir notre époque autrement ou, comme on peut le lire vers la fin du recueil, d’envisager notre siècle “comme un navire / surpris par la marée”.»

– Antoine Boisclair, Lettres Québécoises

« D’hier à aujourd’hui, elle convoque “la longue marche du savoir”. Ainsi, Hélène Dorion arpente ses forêts intimes pour mieux tendre le regard vers ce qui couve sous les manchettes de l’actualité […]. On plonge avec elle au coeur de ces “forêts”. On y entre alerte, mais sans en craindre les zones d’ombres ou de s’y perdre. Au contraire, on s’y retrouve, tous les sens éveillés, en pleine lumière, parce que “les forêts creusent /parfois une clairière / au-dedans de soi”. Et ça fait le plus grand bien.»

– Valérie Lessard, Radio-Canada/Ici-Ottawa-Gatineau

« Hélène Dorion, quelle grande écrivaine ! Cette rencontre avec “Mes forêts” m’a donné envie de prendre dans mes bras, dans mes mains ces troncs d’arbres. J’avais envie, comme Hélène Dorion, d’épouser le recommencement, l’espoir, le chaos, les racines… tout ce qui fait la beauté de cette nature. Une poésie très accessible, très ouverte, c’est sensible et ça nous touche. »

– Patricia Powers, Radio-Canada, Mauricie et Gaspésie

« Un livre très puissant, un grand tour de forêt, très poétique, mais en même temps, très collé à ce que l’on vit, à l’actualité. Le côté très contemporain de cette poésie représente beaucoup de choses de façon métaphorique.»

– Marie-Claude Veilleux, Radio-Canada/Par ici l’info

« C’est comme un récit où chaque élément de la forêt devient un personnage, la forêt est aussi vivante que l’humain, tout est en symbiose.»

– Catherine Rochette, Radio-Canada/Côte Nord

« J’ai l’impression d’entrer dans un monde où il y a autant de douceur et de beauté que de chaos. C’est un univers qui s’ouvre autant vers la forêt que vers notre propre univers. »

Marilou Brousseau, Radio Ville-Marie / Au coeur de l’être

« Mes forêts cristallise un style. C’est une forme d’intériorité, un souci du mieux-vivre. C’est une célébration de nos racines, loin de la rumeur urbaine, du désordre, des banlieues, des réseaux bitumés et de l’heure de pointe. Tout est fluidité et lenteur à l’intérieur du poème. Mon coup de coeur de l’année 2021.»

– Ricardo Langlois, La Métropole.com

« Autant de forêts esquissées dans un ensemble sensible, où elles constituent “un champ silencieux / de naissances et de morts”.»

– Loup Besmond de Senneville, La Croix

« Une fois de plus, les Éditions Bruno Doucey dénichent de grands textes poétiques, celui-ci de manière crescendo finira en beauté sous le bruissement du temps. En quelques pages, le commencement du monde prendra forme pour raconter l’Histoire en version accélérée de manière magistrale. J’avais rarement lu d’aussi belles pages sur notre monde. Avec un sens du rythme, du phrasé, du mot qui accroche l’humus de notre esprit, Hélène Dorion m’a donné envie de plonger à coeur perdu dans l’ensemble de son oeuvre.»

– @serial_lecteur_nyctalope – Instagram

« Même la colère et la violence se disent et s’expriment doucement. Le temps n’est pas à la tempête criante. Le temps est à l’apprivoisement. Hélène Dorion reste encore et toujours une de mes préférées. De mot. Et au loin. D’humanité. »

– @leslecturesde.renarde – Instagram

« Les forêts d’Hélène Dorion, ce sont ses mondes, mais c’est aussi le Monde. Tout à la fois cycle de vie, siège de la solitude et de la souffrance, gardienne du temps et des souvenirs,  marquée par les empreintes laissées par la main de l’homme – certaines inexorables, d’autres encore réparables – abri des rêves portés par le vent dans les feuilles et les herbes, et bien sûr berceau de l’humanité. »

– @sandra_etcaetera – Instagram

ARTICLES

Radio-Canada, Plus on est de fous plus on lit,entrevue avec Marie-Louise Arsenault – 13 octobre 2021

Radio-Canada, Culture Club, entrevue avec René Homier-Roy-  30 octobre 2021

Radio Ville-Marie,  Au coeur de l’être, entrevue avec Marilou Brousseau

Radio-Canada Mauricie, 10 novembre 2021, (à 6 minutes 20)

Radio-Canada Gaspésie, Bon pied, bonne heure ! – 11 novembre 2021 (à la 6e minute)

La Presse, Mario Cloutier, 13 novembre 2021

Radio-Canada Ottawa-Gatineau, Valérie Lessard, 21 novembre 2021

EXTRAITS

Mes forêts sont de longues traînées de temps
elles sont des aiguilles qui percent la terre
déchirent le ciel
avec des étoiles qui tombent
comme une histoire d’orage
elles glissent dans l’heure bleue
un rayon vif de souvenirs
l’humus de chaque vie où se pose
légère      une aile
qui va au cœur

mes forêts sont des greniers peuplés de fantômes
elles sont les mâts de voyages immobiles
un jardin de vent où se cognent les fruits
d’une saison déjà passée
qui s’en retourne vers demain

mes forêts sont mes espoirs debout
un feu de brindilles
et de mots que les ombres font craquer
dans le reflet figé de la pluie
mes forêts
sont des nuits très hautes

*

Il fait un temps d’insectes affairés
de chiffres et de lettres
qui s’emmêlent sur la terre souillée
un temps où soufflent des vagues
au-dessus des vagues

dans nos corps
il fait un temps d’arn
de ram      zip et chus
sdf et vip
il fait triple k
usa      made in China
un temps de ko
pour nos émerveillements
il fait casse-gueule
un bruit de ferraille
déchire le paysage
comme un vêtement usé

il fait refus et rejet
un temps de pixels     d’algorithmes
qui nous projettent
sur des routes invisibles
avec l’avenir comme promesse
que le vent dévore aussitôt
un peu d’écorce et de feu
au creux de la main
il fait chimère
et rêve de rien du tout
un siècle de questions rudoyées

le bord d’une falaise
où chutent nos poèmes
et la neige
nous apprend à perdre
tout ce que l’on perdra

*

Je n’ai rien déposé
au pied du chêne      rien
à l’ombre du saule

je ne me suis adressée ni aux faibles
ni aux puissants

je n’ai pas vu le veilleur
à l’entrée de la mer
pas vu le jardinier cueillir le crocus

d’un printemps
pas trouvé
le miel et la soie

pas vu le ciel      dans l’étang
quelque chose de la solitude
rien
qui laisse paraître la déchirure

je me suis assise au milieu de ces vastes alliés
sans voix
le temps continue
de s’infiltrer dans la terre
gorge les rochers

le pas des animaux
s’accorde à la lumière
par la lenteur du monde
je me laisse étreindre
je n’attends rien
de ce qui ne tremble pas

*

Ce sera comme un souvenir
qui s’ouvre.     ce sera une main
avec de longues lignes enchevêtrées
la langue de nos destins
impossible à lire.     ce sera
la sensation du corps
dans les humeurs de la terre

ce sera comme une soif de clairière
dans le fracas des ombres
l’empreinte d’un avenir
plus haut que la forêt.     ce sera
l’épine indécise
entre l’écorce et le noyau

ce sera un peu de lumière
pour décider du paysage